Réunis à Conakry ce vendredi 2 octobre 2026, les membres du Réseau central de l’alphabet N’Ko, sous la présidence de Moussa Balandou Diallo, ont livré une déclaration à l’occasion de la fête de l’indépendance.

L’organisation estime que la souveraineté politique doit aller de pair avec une souveraineté culturelle et linguistique. Elle évoque ainsi une « double indépendance » de la Guinée : l’indépendance politique obtenue en 1958 et ce qu’elle qualifie d’« émancipation scripturale et culturelle » à travers la création de l’écriture N’Ko par Solomana Kanté en 1949.

« Le fruit de l’indépendance, résidant dans la liberté et la souveraineté, exige que le pays prenne sa pleine responsabilité », a déclaré le Réseau, citant notamment l’éducation, la défense et l’exploitation souveraine des ressources nationales.

Le Réseau central du N’Ko s’est réjoui de la place accordée aux langues nationales dans les institutions, tout en appelant à leur prise en compte effective dans les programmes d’enseignement.

Selon Moussa Balandou Diallo, le Réseau a déjà achevé la traduction en N’Ko du programme du premier cycle d’enseignement. Il souhaite désormais la mise en place d’une commission avec le ministère chargé de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales pour sa validation finale et son impression.

L’organisation affirme avoir recensé 24 752 apprenants du N’Ko, dont 7 021 femmes et 17 731 hommes, avec environ 40 % d’apprenants suivant les cours à distance.

« Nous lançons un appel aux écrivains, chercheurs et auteurs du N’Ko pour qu’ils affûtent leur plume au service de la science, de la technique et de la technologie », a lancé le Réseau.

La déclaration s’achève sur un vœu : voir un jour le N’Ko enseigné dans toutes les écoles de Guinée.

Silabosoona