À l’instar des autres villes du pays, Kankan a commémoré le 68e anniversaire de l’accession de la Guinée à l’indépendance. Autorités, citoyens et différentes composantes de la société se sont retrouvés à la Place des Martyrs, où des gerbes de fleurs ont été déposées en hommage aux combattants de la liberté.

Pour Oumou Camara, cette journée reste indissociable du combat conduit par le premier président guinéen, Ahmed Sékou Touré.

« Nous avons vécu cette période sous Sékou Touré. La bataille qu’il a menée pendant des années, c’est ce que nous sommes en train de célébrer aujourd’hui. Il a fallu que Sékou Touré se lève face aux Blancs et leur dise que nous voulons notre indépendance et notre liberté », témoigne-t-elle.

Présent également à la cérémonie, Santala Madi Kouyaté estime cependant que l’accession de la Guinée à la souveraineté doit être considérée comme le résultat d’un combat collectif.

« L’indépendance que Sékou Touré a réclamée pour les Guinéens n’a pas été l’œuvre d’un seul homme. Les populations des quatre régions du pays ont toutes aspiré à la liberté. Une seule personne ne peut accomplir une telle œuvre », souligne-t-il.

Pour lui, cette commémoration doit également être l’occasion de regarder vers l’avenir.

« Aujourd’hui, Sékou Touré n’est plus là. Celui qui dirige actuellement le pays est Mamadi Doumbouya. Nous nous réjouissons avec lui et avec l’ensemble du peuple. Nos anciens continuent de prier pour que notre pays reste stable », ajoute Santra Madi Kouyaté.

N’Famory Condé, de son côté, dit ressentir une profonde fierté : « Nous sommes très contents aujourd’hui de célébrer le 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée. C’est une grande fierté pour nous. »

Venue du Mali, Djessou Goïta résume l’indépendance en quelques mots : « C’est la souveraineté nationale, être autonome et pouvoir décider nous-mêmes de l’avenir de notre pays. »

Un défilé qui a manqué aux citoyens

Si la fierté liée au 2 octobre reste perceptible, la grande affluence habituellement associée à cette célébration n’a pas été au rendez-vous cette année à Kankan. Plusieurs citoyens attribuent notamment cette ambiance moins populaire à l’absence du traditionnel défilé.

« La cérémonie s’est bien déroulée, mais il manque le défilé. Quand nous étions plus jeunes, c’était un moment très attendu. Il y avait des démonstrations traditionnelles et beaucoup plus d’animation », regrette Mamadi Camara.

Samboudjan Condé partage cette nostalgie : « Depuis notre enfance, nous avons toujours associé le 2 octobre au défilé. Aujourd’hui, cette tradition a perdu de son importance et cela nous déçoit. »

Cette mobilisation moins importante s’est également ressentie chez certains petits commerçants installés aux alentours. Aïcha Marega, vendeuse d’aliments, confie avoir connu une journée peu animée : « Aujourd’hui, ça ne marche pas. Les vendeuses sont assises et il n’y a pas beaucoup de clients. »

Malgré l’absence de défilé et une mobilisation moins dense, l’essentiel semblait ailleurs pour plusieurs participants : célébrer 68 années de souveraineté, rendre hommage aux acteurs de l’indépendance et transmettre aux nouvelles générations la mémoire du 2 octobre 1958.