Une défaite dans les urnes, puis le noir. À Buyaaya, dans la circonscription de Mawokota South, le député sortant Yusuf Nsibambi s’est retrouvé au cœur d’une vive controverse après la coupure d’électricité desservant une partie de la communauté, une infrastructure qu’il affirme avoir financée avec ses propres moyens.

Battu lors des législatives du 15 janvier 2026 par Suzan Nakawuki, candidate du Mouvement de résistance nationale (NRM, au pouvoir), Yusuf Nsibambi, alors responsable du Forum for Democratic Change (FDC), n’a pas caché son amertume envers ses anciens électeurs.

Selon Nile Post, l’élu avait notamment financé un transformateur et des éclairages publics. Après le scrutin, la desserte électrique du village a été interrompue pendant plusieurs jours. « Je n’ai plus aucune obligation envers ces gens », a-t-il déclaré au média ougandais, soutenant avoir payé l’installation avec son argent.

La coupure a affecté habitants et petits commerces : réfrigérateurs à l’arrêt, salons fermés et activités dépendantes de machines électriques perturbées.

Mais la société publique Uganda Electricity Distribution Company Limited (UEDCL) conteste fermement l’argument de l’ancien député. Son porte-parole, Jonah Kiiza, affirme que les transformateurs, lignes et poteaux intégrés au réseau relèvent des distributeurs agréés, quel que soit celui qui a financé leur installation. La déconnexion a ainsi été qualifiée d’« illégale et inacceptable ».

Daily Monitor rapporte également que Nsibambi a retiré plusieurs autres formes d’assistance accordées à sa circonscription après sa défaite.

Au-delà de l’incident, l’affaire pose une question sensible en Ouganda : lorsqu’un responsable politique finance personnellement une infrastructure collective, peut-il encore la considérer comme sa propriété après avoir perdu les élections ?