Promouvoir les langues et écritures nationales, c’est renforcer l’inclusion citoyenne. En Guinée, l’Alliance pour une Nouvelle Constitution (ANC) vient de franchir un pas majeur en remettant officiellement 6 000 exemplaires de la nouvelle Constitution traduits en N’ko et en Adlam.
La cérémonie s’est tenue le mercredi 6 août 2025 à l’hôtel Riviera de Conakry. Elle a réuni responsables institutionnels, défenseurs des langues africaines et membres des académies N’ko et Adlam. Si toutes les constitutions précédentes avaient été rendues disponibles en N’ko, c’est la toute première fois qu’un texte fondamental est intégralement traduit en Adlam, l’alphabet du Pular.
Fruit d’un partenariat entre l’ANC, la Coalition nationale des Langues Maternelles (CoLaM) et les deux académies, le projet a permis l’impression de 3 000 exemplaires en N’ko et autant en Adlam. Une initiative en droite ligne avec l’article 5 de la nouvelle Constitution, qui reconnaît officiellement les langues nationales.
Mohamed Chérif, président de l’ANC, a salué cette avancée : « Chaque Guinéen, quelle que soit sa langue maternelle, a le droit de comprendre, de s’approprier et de contribuer à la vie de la nation. Cette action s’inscrit dans nos valeurs démocratiques d’inclusion, de participation et de transparence. »
Karamo Baba Mamady Diane, président de l’Organisation mondiale N’ko, a exprimé sa satisfaction en ces termes : « Ce que je voyais dans mes rêves, je le vois aujourd’hui de mes yeux. » Il a aussi annoncé que la mise à jour du N’ko dans Google Traduction, actuellement à 40 %, s’achèvera fin août 2025.
Pour Moussa Balandou Diallo, président de l’Académie centrale N’ko, cette initiative est « un acte politique majeur ». Il a exhorté les adeptes du N’ko à se préparer à intégrer la fonction publique et l’enseignement, tout en plaidant pour que la loi organique liée à l’article 5 tienne compte des systèmes d’écriture africains.
Kobiko Bourama Kaba, président de l’ICRA-N’ko, était également présent à la cérémonie, illustrant l’engagement continu des institutions dédiées à la langue N’ko dans les actions de valorisation linguistique.
Le président de l’Adlam, quant à lui, a rappelé que cette officialisation est « une première pour notre République et même dans la sous-région », ouvrant la voie à l’élaboration de lois soutenant la vitalité des langues africaines.
Du côté du ministère de l’Éducation, Nafadji Sory Condé a souligné : « La vraie vulgarisation, c’est celle qui passe par les langues et les écritures que comprend la majorité. »
Parmi les moments forts de la matinée, des prestations culturelles ont ouvert la cérémonie, notamment des poésies récitées en N’ko par Mme Fatoumata Dembagnouma Tounkara et Touramanba.
L’événement, qui s’est achevé par des bénédictions des sages, marque un moment fort de reconnaissance culturelle et linguistique. Une campagne nationale est prévue pour diffuser et expliquer le contenu de la Constitution avant le référendum du 21 septembre 2025.















