La Conférence internationale N’Ko a poursuivi ses travaux le 27 septembre à Abidjan. Après les présentations des organisations, le professeur Baba Mamadi Diane, pionnier du N’Ko, a marqué la journée par un discours attendu sur la nature de l’écriture. Le représentant du réseau central N’Ko, Bassabaty Sidibé, a pour sa part insisté sur l’union comme arme principale du mouvement.
La séance s’est ouverte par une poésie de Mandén Djeliba Kouyaté en hommage aux héros africains. Ensuite, les représentants de douze organisations ont exposé leurs réalisations et perspectives autour du développement du N’Ko.
L’un des moments marquants fut l’intervention du Professeur Baba Mamadi Diane, président de l’OMD-N’Ko, considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du mouvement. Élève de Solomana Kanté, il a publié des dizaines de livres, contribué à la diffusion des œuvres du créateur du N’Ko et participé à l’informatisation de l’écriture dès 1992 avec l’introduction du clavier Manden Koma Kouda.
Face aux polémiques récurrentes, il a clarifié le statut du N’Ko :
« Cette écriture qui est devant vous s’appelle N’Ko. Mais il ne faut pas croire que ce n’est que l’alphabet. Nos langues elles-mêmes s’appellent N’Ko, car dire N’ko signifie “je dis”. C’est le commencement de toute parole. »
Il a poursuivi en expliquant que certaines langues ne portent que le nom de leurs locuteurs :
« Le français, malgré sa richesse, tire son nom des Français. L’arabe n’a pas de nom indépendant, seulement celui de ses locuteurs. Mais nos langues, elles, ont un nom propre : le N’Ko. Lorsque Solomana Kanté a créé l’alphabet, il a choisi le nom de sa langue directement. »
Pour Diane, cette dualité est une force, et non une contradiction :
« Si tu dis que le N’Ko est une langue, tu n’as pas tort. Si tu dis que c’est un alphabet, tu n’as pas tort non plus. Ne polémiquons pas. »
Autre moment fort : l’intervention de Bassabaty Sidibé, représentant du réseau central N’Ko et de N’Ko Semba. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure structuration du mouvement :
« Le N’Ko a besoin d’organisation pour relever ses défis. Notre arme est l’union. Nous n’avons pas d’armes de guerre, mais si nous restons unis, nous pourrons montrer notre influence. »
La journée s’est poursuivie avec les interventions des autres délégations, rappelant la nécessité de lier le travail scientifique, éducatif et numérique pour assurer au N’Ko une place durable dans le monde moderne.
Ce deuxième jour a ainsi mis en lumière deux axes essentiels : la clarification identitaire apportée par Baba Mamadi Diane et l’appel à l’union des organisations par Bassabaty Sidibé.
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