À l’approche de la présidentielle du 28 décembre 2025, la candidature de Mamady Doumbouya ravive un débat juridique et politique : un militaire en activité peut-il briguer la présidence sans démissionner de l’armée ?
Le 3 novembre 2025, le général Mamady Doumbouya a officiellement déposé son dossier de candidature à la présidentielle devant la Cour suprême de Guinée. Cette démarche — validée le 10 novembre — a suscité de vives interrogations, notamment à cause de son statut de chef de la junte militaire et de président de la transition.
Ce que dit la loi
La question essentielle porte sur le respect du Statut général des militaires (loi L/2019/0041/AN), qui encadre strictement la participation des militaires à la vie politique. Selon cette loi, « un militaire en activité ne peut briguer une fonction élective » sans avoir préalablement quitté l’armée.
Les articles pertinents interdisent aussi à un militaire actif de s’exprimer publiquement sur des dossiers politiques ou stratégiques. En clair, la démission du corps militaire est une condition incontournable pour un passage vers la vie politique.
Le flou autour du statut de Doumbouya
À ce jour, aucun document officiel ne confirme la démission de Mamady Doumbouya de l’armée. Ce prérequis juridique reste pourtant essentiel. Plusieurs médias, dont Guinée360, Reuters, soulignent ce silence comme un « flou juridique volontaire » qui ouvre la voie à une candidature contestable sur le fond.
En substance, même si la Cour suprême a validé sa candidature, celle-ci semble contrevenir aux textes en vigueur sur le statut des militaires en activité. Pour de nombreux juristes et analystes politiques, cela constitue une entorse majeure à l’état de droit.
Ce qu’il faudrait pour lever l’ambiguïté
- Une attestation de démission officielle, signée et datée, prouvant qu’il a quitté l’armée.
- La transmission de ce document à la CENI ou à la Cour suprême.
- Une communication publique du gouvernement de transition pour confirmer le changement de statut.
Pourquoi ce silence interroge
L’absence de démission enfreint non seulement la loi, mais jette le doute sur la crédibilité du processus électoral. De nombreux Guinéens s’interrogent : comment peut-on prétendre instaurer un pouvoir civil si le principal candidat de la transition demeure général en exercice ?
Pour certains, cela crée un précédent dangereux, où un chef militaire, sans rompre avec l’armée, se présente comme arbitre et acteur du scrutin.
En l’état actuel, la candidature de Mamady Doumbouya repose sur une zone d’ombre juridique qui mérite d’être clarifiée — non seulement pour le respect de la loi, mais pour la transparence et la confiance électorale.
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