Un accord signé le 3 janvier 2026 à Conakry entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation fixe des engagements précis sur les primes, indemnités, salaires bloqués et le statut particulier des enseignants, ouvrant la voie à une sortie de crise dans le secteur éducatif.
Après plusieurs semaines de tensions et de négociations, le gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation sont parvenus à un accord formel. Un protocole d’accord a été signé le 3 janvier 2026 à Conakry, à l’issue de discussions menées sous la médiation du Conseil national du dialogue social, mettant un terme au bras de fer engagé depuis la rentrée scolaire.
Le document, consulté par silabosoona.com, engage l’État guinéen et l’intersyndicale composée de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et du Syndicat national de l’éducation (SNE). Les négociations se sont déroulées du 17 novembre 2025 au 3 janvier 2026, conformément aux instructions du Premier ministre.
Parmi les principales avancées figure la revalorisation des indemnités de logement et de transport en faveur des enseignants du pré-universitaire et de l’enseignement technique. L’indemnité de logement est portée à 250 000 GNF et celle de transport à 200 000 GNF, avec un paiement échelonné : une première tranche prévue fin mai 2026 (150 000 GNF pour le logement et 100 000 GNF pour le transport), puis un complément fin septembre 2026.
Le protocole prévoit également des augmentations significatives de primes. La prime mensuelle de préparation passe de 100 000 GNF à 500 000 GNF, avec une montée progressive dès février 2026. La prime de craie connaît la même évolution, tandis que la prime annuelle de documentation est relevée de 300 000 GNF à 1 500 000 GNF. Ces mesures visent à répondre à une revendication centrale des syndicats, liée au coût réel de l’exercice du métier d’enseignant.
Autre point sensible traité : le déblocage des salaires de juillet-août 2025 et la régularisation des enseignants dont les rémunérations sont bloquées depuis décembre 2023. Une commission bipartite, associant l’administration et les syndicats, a été mise en place pour examiner les dossiers et procéder aux déblocages jugés fondés au plus tard fin janvier 2026.
Le texte aborde aussi la situation des enseignants contractuels, notamment ceux de la zone spéciale de Conakry, ainsi que le reclassement des enseignants admis aux examens professionnels. Le gouvernement s’engage à prendre en charge, dès janvier 2026, les arrêtés de reclassement de la session 2017 et à poursuivre l’organisation annuelle de ces examens.
Sur le plan institutionnel, les parties conviennent de poursuivre la révision du statut particulier des enseignants à partir de février 2026, à travers une commission technique bipartite. L’accord précise que les discussions sur les primes et indemnités concerneront exclusivement les enseignants du pré-universitaire, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.
Signé par les représentants du gouvernement, des syndicats et des organes de médiation, ce protocole engage les parties à respecter les termes convenus et à maintenir un climat de dialogue social. Pour les acteurs du système éducatif, cet accord constitue une étape décisive pour la reprise normale des cours et la stabilisation d’un secteur fragilisé par des mois de tensions.
Par silabosoona.com











