Une nouvelle zone de turbulence secoue la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT). Un enregistrement audio diffusé sur les réseaux sociaux mettrait en cause le président de l’institution, Sory Doumbouya, dans un supposé dossier de transfert en faveur du Milo FC de Kankan, champion de Guinée en 2024. Cette révélation, si elle était confirmée, pourrait ouvrir la voie à une crise institutionnelle majeure.
Selon les informations relayées en ligne, l’audio évoquerait une implication du président dans une manœuvre destinée à préserver le leadership du club kankanais au sommet du football national. Une telle démarche, si avérée, serait en contradiction avec les textes et règlements encadrant le fonctionnement de la fédération.
Depuis plusieurs années, le football guinéen traverse une période marquée par des tensions internes et des luttes d’influence. L’instance dirigeante n’a cessé d’être confrontée à des contestations, des accusations de complot et des tentatives de déstabilisation. Aujourd’hui, une partie des membres statutaires réclamerait la révocation du président, estimant que la crédibilité de l’institution est en jeu.
Cette situation reflète les difficultés plus larges du football guinéen. Le Syli national, symbole de fierté nationale, peine à renouer avec les grandes performances continentales. Depuis la finale historique de 1976, perdue face au Maroc, les supporters attendent toujours une nouvelle consécration majeure.
Au-delà des querelles institutionnelles, la question de fond demeure : le football guinéen est-il au service de l’intérêt général ou de logiques individuelles ? De nombreux observateurs dénoncent une instrumentalisation du sport par des intérêts économiques, au détriment de la passion populaire et de la formation des jeunes générations.
Par ailleurs, les anciennes gloires du Syli national, autrefois unies derrière le drapeau tricolore, apparaissent aujourd’hui divisées. Cette fracture contribue à fragiliser davantage l’écosystème du football local, alors même que leur expérience pourrait constituer un levier de relance.
Si l’avenir de Sory Doumbouya semble incertain, tout changement à la tête de la FEGUIFOOT devra s’inscrire dans une logique de réforme profonde et de respect des textes. La stabilité, la transparence et la compétence restent les conditions indispensables pour redonner au football guinéen son honneur et sa dignité.
Le moment paraît venu pour l’ensemble des acteurs d’engager un examen de conscience afin que l’intérêt supérieur du sport prime sur les ambitions personnelles.
Laye Famo Condé
Journaliste












