L’exécution de deux Bangladais en Arabie saoudite provoque une controverse grandissante. Leurs familles réclament des explications, tandis qu’un document consulaire révélé mardi 20 octobre soulève de nouvelles questions sur les accusations et le déroulement de la procédure.

Selon le ministère saoudien de l’Intérieur, Nazrul Islam Abdul Basir et Siti Akhtar ont été exécutés le 14 octobre dans la région de La Mecque, après une condamnation pour un « acte immoral » commis dans une mosquée. Le jugement, prononcé au titre du ta’zir, une sanction laissée à l’appréciation des juges, a été confirmé, puis validé par ordre royal. Le ministère n’a toutefois précisé ni la nature exacte des faits ni l’identité de la mosquée.

Un mémorandum du consulat bangladais, consulté par The Daily Star, indique que les intéressés avaient été arrêtés les 1er et 2 août 2023, respectivement pour une infraction présumée à la loi sur la cybercriminalité et pour adultère. Le document n’explique pas le lien entre ces accusations distinctes et la condamnation annoncée.

Dès le 15 octobre, Dacca a demandé officiellement des éclaircissements, affirmant n’avoir reçu aucune notification préalable. Le 17, la secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Shama Obaed Islam, a évoqué une « leçon », tout en regrettant les exécutions. Le 18, l’ambassadeur saoudien a été reçu par la diplomatie bangladaise.

Depuis, les proches dénoncent l’absence d’informations. Le père de Nazrul nie notamment que les condamnés aient été mariés et réclame le rapatriement du corps de son fils. La famille de Siti affirme attendre encore une confirmation officielle.

Le lien établi en ligne avec une vidéo virale a été démenti mardi.

Entre colère et interrogations, une question demeure : quelles preuves ont justifié deux condamnations à mort ?