La direction préfectorale de l’Éducation de Kankan fait face à un déficit de 736 enseignants, dont 630 à l’élémentaire et 106 au secondaire. Ces chiffres, communiqués à notre rédaction par Souleymane Daffé, révèlent des besoins particulièrement importants dans les écoles primaires, malgré un personnel en activité de 2 223 agents dans les deux cycles.
Le DPE dénombre précisément 1 361 personnels à l’élémentaire et 862 au secondaire. Ces effectifs ne suffisent cependant pas à couvrir les besoins des établissements.
« Non, tous les enseignants ne sont pas au complet. C’est ça, la vérité », reconnaît-il. Son constat est particulièrement préoccupant pour le primaire : « Surtout à l’élémentaire, il y a une crise qui ne dit pas son nom. »
Dans certains villages, les écoles fonctionnent avec un ou deux enseignants seulement. Pour maintenir les cours, la DPE recourt aux classes multigrades, qui regroupent des élèves de niveaux différents sous la responsabilité d’un même enseignant.
Selon Souleymane Daffé, les départs à la retraite et les décès réduisent les effectifs, tandis que le nombre d’élèves augmente. Il affirme qu’aucun nouvel engagement n’est intervenu depuis ceux de 2024.
Face à ces difficultés, des associations de parents d’élèves prennent en charge des enseignants contractuels pour épauler les titulaires. Un soutien communautaire que le DPE salue, car il contribue au maintien des classes.
Le responsable place également ses espoirs dans le recrutement national annoncé de 6 000 enseignants, dont le concours est prévu, selon lui, le 17 octobre.
« Ça ne va pas corriger complètement le déficit, mais ça va beaucoup atténuer le besoin. Et c’est ce que nous attendons très urgemment », souligne-t-il.
Aucun quota destiné à Kankan n’a toutefois été précisé dans l’entretien. Souleymane Daffé insiste surtout sur la rapidité des affectations après le concours : « Mais si les résultats tardent aussi un mois, deux mois, le retard ne fera qu’augmenter au niveau des différentes écoles. »






