Dans une analyse publiée ce vendredi 11 juillet 2025, l’écrivain et géostratège camerounais Jean-Paul Pougala a dénoncé ce qu’il qualifie de « 10 erreurs graves » commises par les présidents africains reçus à la Maison Blanche par le président américain Donald Trump. Il y voit un épisode d’humiliation publique révélateur d’un manque de stratégie sur les plans diplomatique et économique.
Le mercredi 9 juillet, cinq chefs d’État africains – ceux de la Mauritanie, du Sénégal, du Gabon, de la Guinée-Bissau et du Libéria – ont été accueillis à Washington par Donald Trump. Cette rencontre, selon Jean-Paul Pougala, n’a pas été préparée avec le sérieux requis. Il affirme que plusieurs dirigeants africains d’Afrique de l’Est et australe auraient décliné l’invitation, la jugeant inopportune, laissant place à ce qu’il qualifie d’une « comédie diplomatique ».
Pour Pougala, la première erreur a été de confondre une réunion multilatérale avec une rencontre bilatérale. Il estime que les dirigeants africains ont manqué de coordination et ont abordé les discussions en ordre dispersé, ignorant les intérêts collectifs du continent. Il leur reproche aussi de ne pas avoir cherché à comprendre les motivations réelles de l’invitation, soulignant un manque de sens critique et de stratégie.
Dans un ton parfois cinglant, il déplore que ces présidents aient vanté leurs ressources minières sans comprendre les logiques du marché mondial : « Ils pensent que posséder du pétrole ou des minerais suffit à attirer des investisseurs, sans réaliser que ces ressources ne deviennent utiles que si elles sont exploitées, transformées et intégrées dans un système économique compétitif. »
Pougala poursuit en affirmant que les États-Unis ne financent jamais les projets susceptibles de créer de nouveaux concurrents miniers. Il évoque notamment le cas du Nigeria, qui peine à mobiliser des financements pour ses infrastructures énergétiques, faute d’intérêt réel de Washington, alors même que la Chine s’est déjà engagée dans des investissements lourds en Afrique.
Le géostratège pointe également l’absence de politiques éducatives adaptées à l’industrialisation minière. Selon lui, la Chine a devancé l’Afrique en associant universités et industries pour le développement technologique, tandis que l’Afrique reste dépendante des experts étrangers.
Enfin, Pougala rappelle une maxime de Sir Robert Peel, ancien Premier ministre britannique : « L’avenir appartient aux peuples qui produisent le plus de houille », insistant sur le rôle fondamental de l’acier et des hauts fourneaux dans l’essor industriel.
Il conclut en appelant les pays africains à adopter une vision stratégique à long terme, en s’émancipant des modèles imposés et en s’appuyant d’abord sur leurs propres forces : « L’Afrique ne doit plus compter sur la liste de ses ressources pour séduire, mais sur sa capacité à les transformer pour elle-même. »















