L’ouvrage, désormais baptisé “Échangeur de Bambéto”, symbolise un hommage aux nombreuses victimes des violences politiques sur l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa, un secteur emblématique de la contestation en Guinée.
C’est un geste fort, à la fois symbolique et politique. Ce samedi 15 novembre 2025, le général Mamadi Doumbouya a inauguré officiellement l’échangeur de Bambéto, en plein cœur de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa, à Conakry. Une zone à haute portée historique et politique, connue pour avoir été le théâtre de nombreuses manifestations et répressions violentes au cours des quinze dernières années.
Lors de la cérémonie, c’est le ministre Yaya Sow, conseiller à la présidence chargé des infrastructures, qui a porté la voix du chef de l’État. En ouverture, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des répressions politiques sur l’axe, avant qu’il ne transmette le message du président.
« Le 13 avril 2022, j’étais ici aux côtés de Son Excellence M. le président de la République pour la pose de la première pierre de cet échangeur. Aujourd’hui, nous sommes de retour pour procéder à son ouverture officielle au bénéfice de la fluidité de la circulation, du dynamisme économique et du développement harmonieux de cette zone stratégique », a-t-il déclaré.
Dans son allocution, Yaya Sow a souligné que l’ouvrage ne devait pas être vu uniquement comme une infrastructure. « C’est un symbole, une force motrice du progrès. Il s’inscrit dans la vision du programme Simandou 2040 », a-t-il affirmé, insistant sur les bénéfices attendus : désengorgement routier, amélioration des déplacements et sécurité accrue.
Mais c’est surtout la dimension mémorielle qui a marqué les esprits. Le général Doumbouya a décidé que l’infrastructure porte le nom d’« Échangeur de Bambéto », en hommage aux martyrs de l’axe. « Pour honorer la contribution des populations de Bambéto à la paix, à l’unité et à la stabilité de la nation, le président de la République a décidé que cet ouvrage porte officiellement le nom Échangeur de Bambéto en mémoire des victimes », a annoncé le ministre.
Dans un contexte où les cicatrices des violences politiques sont encore vives, cette décision a été saluée par de nombreux habitants du quartier. Le ministre a d’ailleurs remercié les populations pour leur « coopération exemplaire » durant les travaux : « aucune manifestation, aucune destruction des biens, aucune entrave », a-t-il souligné.
Cette inauguration marque donc une double transition : celle d’un axe longtemps synonyme de tensions vers une ère de circulation et de modernisation, et celle d’un deuil collectif vers une reconnaissance symbolique nationale.
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