Ancien directeur régional de Hadafo Médias à Kankan, Alpha Oumar Koïta a officiellement annoncé sa démission ce 12 décembre 2025. Après 17 ans passés dans le journalisme, il choisit désormais d’abandonner la posture d’observateur pour devenir acteur politique, en lançant un mouvement de soutien au Président Mamadi Doumbouya. Une transition qui interpelle toute la profession sur la frontière entre engagement citoyen et pratique journalistique.
Après une longue carrière consacrée à l’information, Alpha Oumar Koïta a pris la parole devant ses confrères à la Maison régionale de la presse de Kankan, pour annoncer une page nouvelle de sa vie. Dans une salle attentive, il a expliqué qu’il lui devenait impossible de rester journaliste tout en portant une conviction politique aussi assumée. « Aujourd’hui, je quitte ma maison professionnelle. Je démissionne de mon poste de Directeur régional du Groupe Hadafo Médias Kankan. Je me retire également, avec une émotion vive, de la grande et noble corporation des médias », a-t-il déclaré, la voix posée mais chargée d’émotion.
Il a rappelé avoir « consacré l’essentiel de [sa] vie adulte » au journalisme, un métier qui lui a permis d’être « le témoin, et parfois l’acteur, de l’histoire ». Il a demandé pardon « à tous ceux qui auraient pu être blessés ou offensés » au fil de ses reportages, soulignant les exigences et les défis d’un métier où l’erreur n’est jamais totalement évitable.
Mais au-delà de la séparation, Koïta a insisté sur ce qu’il considère comme une évolution logique de son engagement. « Je quitte le rôle de témoin pour endosser celui d’acteur », a-t-il lâché, en assumant pleinement son choix de rejoindre la dynamique politique portée par le Président de la République. Pour lui, les réformes engagées depuis septembre 2021 ont ouvert une perspective nouvelle : « Je vois les réalisations concrètes qui sortent de terre. Et je vois, par-dessus tout, la volonté inébranlable de replacer la Guinée sur l’orbite des nations respectées. »
Il a particulièrement insisté sur le projet Simandou, qu’il qualifie de « symbole de notre souveraineté retrouvée », convaincu que cette infrastructure marquera durablement l’économie nationale.
Dans cette logique, Koïta a annoncé la création du Mouvement Général Mamadi Doumbouya 2040 (MGMD 2040). Un mouvement qu’il décrit comme un « creuset de patriotes » engagé à inscrire la Vision 2040 dans la durée. Selon lui, cette date symbolise trois piliers : la vision stratégique d’un développement à long terme, la pérennité des acquis de la refondation, et l’héritage d’un modèle politique destiné aux générations futures.
« Choisir 2040, c’est exprimer une confiance inébranlable dans la vision du Président Doumbouya », a-t-il dit, estimant que cette projection permettra de « bâtir un système où la Guinée ne puisse plus jamais revenir en arrière ».
Koïta a conclu en appelant ses confrères, ses proches et l’opinion à l’accompagner dans cette nouvelle étape, rappelant que « l’ère de l’information a fait de [lui] un homme écouté » et que « l’ère de la politique fera de [lui] un homme au service ».
Son discours a aussi résonné comme un message indirect au monde médiatique : il encourage ceux qui souhaitent entrer en politique à assumer clairement leur choix et à se retirer de la profession afin de préserver l’indépendance du journalisme, une frontière qui reste souvent fragile dans le paysage médiatique guinéen.
Par Lonkassia CAMARA, depuis Kankan pour silabosoona.com












