Disparu depuis près de deux ans après avoir été envoyé au Mali pour apprendre un métier, Idrissa Diallo, 9 ans, reste introuvable. Son père dénonce l’inaction des autorités et des soupçons graves de complicité familiale, dans une affaire qui continue de briser une famille entière.
Voilà bientôt deux ans que Lamine Diallo, citoyen du district de Lonssory, dans la sous-préfecture de Saladou (préfecture de Mandiana), vit dans l’angoisse permanente. Son fils, Idrissa Diallo, âgé de 9 ans et élève d’une école franco-arabe, a disparu à Bamako, au Mali, où il avait été envoyé pour apprendre un métier.
Selon le père, les faits remontent à environ deux ans. En son absence, son neveu, Soumaila Diallo, serait venu chercher l’enfant à l’école, affirmant vouloir l’emmener à Bamako pour une formation. Une décision à laquelle Lamine Diallo dit ne pas avoir consenti au départ, avant d’y être contraint par ses frères.
« Après les trois premiers mois, nous avons perdu tout contact avec l’enfant », témoigne-t-il, la voix marquée par l’épuisement. Depuis, aucune information officielle n’a permis d’éclairer le sort du garçon.
Face à ce silence, la famille affirme avoir multiplié les démarches. L’un des fils de Lamine Diallo aurait passé près de huit mois à Bamako à la recherche de son jeune frère, sans résultat. Le père dit, de son côté, s’y être rendu à au moins six reprises, sans jamais retrouver la trace de l’enfant.
« Je veux savoir ce qui est arrivé à mon enfant. S’il est décédé, qu’on nous remette son corps », implore-t-il.
Lamine Diallo affirme avoir porté plainte auprès de la gendarmerie, mais dénonce l’absence de suites judiciaires. Selon lui, le principal suspect aurait été interpellé puis relâché, officiellement pour lui permettre de retrouver l’enfant.
Le père évoque également de lourds soupçons de complicité au sein de la famille. « Il est en complicité avec certains de mes frères », accuse-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme des pratiques de corruption. « Chaque fois que je saisis la police, il paie de l’argent. On me dit que lorsque j’aurai fini de dépenser mes biens, j’abandonnerai l’affaire », affirme-t-il.
Il ajoute que certaines personnes auraient signé des documents attestant connaître le lieu où se trouverait l’enfant, ce qui aurait conduit, selon lui, à l’abandon du dossier par les autorités locales. Pourtant, près de deux ans après, Idrissa Diallo reste introuvable.
La disparition a profondément affecté la famille. « Ma femme a voulu m’abandonner après cette tragédie. Ce sont les familles qui l’ont convaincue de rester », confie Lamine Diallo, ému.
Récemment orienté vers la justice après une nouvelle démarche auprès de la police de Mandiana, il se dit sans moyens financiers et se sentant trahi. Il lance aujourd’hui un appel direct aux autorités guinéennes.« Je demande l’aide du gouvernement. Je n’ai aucun moyen. Qu’on m’aide à retrouver mon enfant, mort ou vivant. Je veux simplement connaître la vérité », plaide-t-il.
Il appelle enfin à l’interpellation de toutes les personnes qu’il considère comme complices, notamment citées dans le village de Djoké Diallo, afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui continue de bouleverser une famille entière.
Par Karifa Kansan Doumbouya, pour silabosoona.com














