À quelques semaines du mois de Ramadan, la ville de Siguiri fait face à une rareté inhabituelle de la viande dans les marchés. Plusieurs boucheries ont suspendu leurs ventes, réclamant une augmentation du prix du kilogramme, fixé jusque-là à 50 000 GNF. Les autorités locales, elles, refusent toute hausse non concertée.
Selon nos informations, des bouchers auraient tenté d’imposer un nouveau tarif, invoquant la hausse du franc CFA et l’augmentation du coût d’achat des bœufs au Mali. Une décision qualifiée d’« unilatérale » par le président de la délégation spéciale de Siguiri, Souleymane Koïta.
« S’il doit y avoir une augmentation ou une diminution, cela doit résulter d’une décision collégiale entre l’autorité préfectorale, l’autorité communale, les bouchers et la chambre de commerce. Nous ne pouvons accepter qu’une décision unilatérale rende la vie plus difficile aux citoyens, surtout à l’approche du Ramadan », a-t-il déclaré.
Une réunion a été organisée avec les représentants des bouchers et les techniciens de la chambre de commerce. À l’issue des échanges, ces derniers ont estimé qu’une hausse des prix à cette période n’était pas opportune et ont promis de transmettre les préoccupations au service compétent à Conakry.
En attendant une orientation officielle, le président de la délégation spéciale a maintenu le prix de 50 000 GNF le kilogramme, avertissant que « toute personne qui s’aventurerait à vendre au-delà de ce tarif trouvera la loi devant elle ».
Du côté des bouchers, la position reste ferme. Ils expliquent que la dépréciation du franc guinéen face au franc CFA, monnaie utilisée pour l’achat du bétail au Mali, réduit considérablement leurs marges. Sans réajustement, disent-ils, l’activité deviendrait non rentable.
Ce bras de fer laisse les consommateurs dans l’incertitude. À Siguiri, la question dépasse désormais le simple prix de la viande : elle pose celle de l’équilibre entre régulation des marchés et survie des acteurs économiques locaux.














