Vendredi 25 septembre 2026, Sory Mandenka, venu de Siguiri, a profité de la cérémonie organisée dans la famille de Gnama Sangaré pour appeler à la revalorisation des noms traditionnels.
Devant des membres de l’ICRA-N’Ko, N’Ko SEMBA, l’ATP et d’autres invités, celui surnommé « père de la Révolution » a rejeté l’idée selon laquelle un prénom africain serait incompatible avec l’islam.
« Ne pensez pas que nous sommes contre les noms arabes. Nous voulons plutôt valoriser nos noms africains. Le nom n’a rien à voir avec le fait d’être musulman ou non. L’essentiel est que le nom ait un bon sens », a-t-il déclaré.
Pour lui, les peuples africains possédaient déjà leurs propres systèmes de nomination avant l’arrivée de l’islam et du christianisme. Il cite le fleuve Milo, Kankan ainsi que plusieurs anciens noms africains.
« Nos arrière-parents connaissaient déjà la notion des noms avant notre rencontre avec les étrangers », soutient-il.
Sory Mandenka conteste également l’idée selon laquelle les prénoms des enfants devraient obligatoirement être tirés du Coran. Il évoque notamment les noms d’Ousmane, Oumar, Ali ou Bilal, affirmant qu’ils existaient déjà avant l’islam.
Il dénonce surtout le remplacement systématique de certains prénoms africains dont la signification est parfois méconnue. Il cite Sia, Thewa, Tamba, N’golo ou Foromo, des noms liés, selon lui, au rang de naissance, à la beauté ou à certaines qualités.
« Certains imams ne cherchent pas à comprendre ce que ces noms signifient. Ils diront simplement : “Ce ne sont pas des noms musulmans” », regrette-t-il.
Au-delà des prénoms, l’orateur plaide pour la conservation d’autres pratiques culturelles, notamment l’usage traditionnel de la chèvre lors de certains baptêmes.
« Cela ne signifie pas qu’il est dans l’esclavage. Il veut simplement valoriser nos cultures », a-t-il conclu à propos de Gnama Sangaré.


