Le Conseil national de Transition (CNT) a tenu ce jeudi 22 octobre
2026 une plénière au Centre international de conférences de Bamako, sous la
présidence de Malick Diaw. Les conseillers y ont adopté les
modifications à l’unanimité, soit 122 voix pour.
La loi. Le texte révisé est la Loi n°
2025-003/CNT-RM du 24 avril 2025, corrigée à la suite de l’arrêt n°
2025-08/CC du 19 août 2025 de la Cour constitutionnelle. Les changements
touchent l’intitulé, l’article 7, reformulé pour empêcher toute discrimination
ou exclusion linguistique, et l’ajout de la liste exhaustive des langues
nationales.
Les langues. Il s’agit du bamanankan, du bomu, du bozo, du
dogon, du fulfulde, du hasanya, du mamara, du maninkakan, du soninke, du
songhoï, du syenara, du tamasheq et du khassonké.
Où et comment. La loi applique l’article 31 de la
Constitution de 2023, qui fait des langues nationales les langues officielles
et renvoie à une loi organique pour leur emploi. Une langue officielle est
définie comme celle de l’administration et de la publication des actes
officiels. À terme, les documents officiels seront publiés dans ces langues, y
compris dans l’enseignement, une fois les conditions réunies. Le français
demeure langue de travail.
L’enjeu. Le texte donne un socle juridique au Document de
politique linguistique adopté par le gouvernement le 3 décembre 2014.
Les limites. La loi attend encore sa promulgation. Des
spécialistes prévoient que l’administration écrite restera en français, les
langues nationales étant surtout de tradition orale. Une étude universitaire
craint aussi que les langues dominantes prennent le pas sur les minoritaires.






