« Nous n’accepterons jamais que la
Guinée soit détruite. » Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Dr
Morissanda Kouyaté, a défendu jeudi 5 novembre, devant les diplomates
accrédités en Guinée, l’interdiction de l’orpaillage clandestin dans la région
de Siguiri.
La mesure avait été annoncée le 2 novembre
dans un communiqué conjoint de cinq membres du gouvernement, dont le ministre
des Mines, Bouna Sylla. Seule la télévision publique RTG a pu
couvrir la rencontre, les journalistes des médias privés ayant été invités à
quitter la salle.
Selon le ministre, une première vague
d’opérations a permis d’interpeller 249 Chinois, 409 Burkinabè et 66 Maliens,
ainsi que des Ivoiriens, Togolais, Ghanéens, Nigérians et d’autres
ressortissants. Poursuivis, ils ont ensuite été libérés et remis à leurs
représentations diplomatiques, sur instruction du président Mamadi Doumbouya,
a-t-il assuré.
Mais beaucoup seraient revenus, accompagnés
d’autres, à Siguiri et dans plusieurs localités de Haute-Guinée. Pour
Morissanda Kouyaté, ils ont pris la solidarité de Conakry pour de la faiblesse.
« Ils ont cru que nous étions un pays faible », a-t-il martelé.
Le ministre a dénoncé le cyanure déversé, la
déforestation et l’obstruction des rivières, en établissant un parallèle avec
les exigences environnementales imposées au projet Simandou 2040. Sans
le nommer, il a aussi invoqué les propos du chef de l’État burkinabè, le
capitaine Ibrahim Traoré, contre l’orpaillage sauvage.
Cette sortie intervient dans un climat tendu
avec les pays de l’AES. À Bamako, la Primature malienne parle d’une «
véritable catastrophe humanitaire » et dit avoir recensé plus de 40 000
personnes à Kourémalé, à la frontière.
Dépêché à Bamako le 4 novembre, le ministre
burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a fait état de blessés, dont
certains par balles, évoquant des traitements cruels, inhumains et dégradants.
Quatre décès ont par ailleurs été enregistrés par le centre de santé
communautaire de Kourémalé parmi les personnes venues de Siguiri, selon
l’agence malienne AMAP.
Rappelant le refus de Conakry de s’associer
aux sanctions de la CEDEAO contre le Mali, Morissanda Kouyaté a invité
les diplomates à transmettre fidèlement les explications du gouvernement
guinéen à leurs capitales.



