Des milliers de Tunisiens ont manifesté ce samedi 17 octobre 2026 à Tunis contre le président Kaïs Saïed, l’accusant de saper la démocratie et de mal gérer l’économie du pays. Il s’agit de l’une des plus importantes manifestations contre son pouvoir depuis plusieurs années.

Organisé à l’appel de la puissante Union générale tunisienne du travail (UGTT) et d’organisations de la société civile, le rassemblement intervient dans un contexte de crise économique, de dégradation des services publics, de coupures récurrentes d’eau et d’électricité et de pénuries de médicaments et de produits essentiels.

Dans une rare démonstration d’unité, des partis d’opposition de différentes tendances politiques ont rejoint avocats, médecins, journalistes et chômeurs pour défiler sur l’avenue Habib-Bourguiba, haut lieu des manifestations de 2011 qui ont contribué au déclenchement du Printemps arabe.

Des centaines de policiers ont été déployés dans la capitale. Les manifestants ont scandé : « Nous n’avons pas peur, le pouvoir appartient au peuple » et « Les prisons sont pleines, le peuple a faim ».

Ils ont également réclamé la libération des opposants emprisonnés et dénoncé les atteintes aux droits syndicaux.

« Ça suffit ! Le pays s’effondre. Nous subissons des coupures d’électricité et d’eau, et une crise après l’autre », a déclaré Yassine Gharseli, venu de Sfax, à environ 250 kilomètres de Tunis.

Depuis 2021, Kaïs Saïed s’est arrogé de vastes pouvoirs, gouvernant par décret et ayant ensuite dissous le Parlement, des mesures qualifiées de coup d’État par ses opposants. Le président rejette les accusations de dérive autoritaire.