Des anciens enseignants contractuels communautaires non retenus, notamment de Siguiri, dénoncent plusieurs anomalies lors du concours de recrutement organisé par le ministère de la Fonction publique. Ils évoquent des erreurs dans la distribution des questionnaires et des sujets manquants, susceptibles, selon eux, de compromettre les chances de certains candidats.

Les inquiétudes grandissent chez les anciens enseignants contractuels communautaires non retenus ayant pris part au concours de recrutement organisé par le ministère de la Fonction publique. Parmi les anomalies signalées figurent notamment des sujets ne correspondant pas à la spécialité de certains candidats et des questionnaires qui n'auraient pas été distribués dans leur intégralité.

Interrogé par Silabosoona Média, un ancien enseignant contractuel de Siguiri, dont notre rédaction a choisi de préserver l'identité, dénonce plusieurs irrégularités constatées lors des épreuves. Selon son témoignage, des candidats issus de l'enseignement franco-arabe auraient reçu des sujets relevant de l'enseignement général, alors que leur formation est principalement orientée vers la langue arabe.

« Beaucoup de personnes, notamment celles de l'enseignement franco-arabe, se sont retrouvées avec des questions de l'enseignement général. Imaginez des personnes qui ne maîtrisent pas le français et qui se retrouvent face à des questions conçues pour l'enseignement général. Certains candidats qui devaient recevoir les questionnaires de culture générale et de leur spécialité se sont retrouvés avec des questionnaires de l'enseignement général. Ce n'est que tardivement que la situation a été corrigée », a-t-il déploré.

Des questionnaires manquants qui inquiètent les candidats

Au-delà des erreurs dans la distribution des sujets, l'enseignant interrogé signale également des anomalies concernant le nombre de questionnaires remis à certains candidats.

Il cite notamment le cas des candidats ayant composé en histoire, qui auraient dû recevoir cinq questionnaires, mais qui n'en auraient reçu que quatre. Selon son témoignage, certaines questions numérotées de 15 à 24 n'auraient pas été distribuées.

Cette situation suscite des inquiétudes quant à la fiabilité de la correction, qui devrait être effectuée à l'aide d'un système automatisé.

« Si ces irrégularités ne sont pas prises en compte dans le système de correction, des candidats qui devraient obtenir 20 sur 20 pourraient se retrouver avec 10 ou moins de 10 sur 20. Certains risquent ainsi d'être écartés à cause de ces anomalies », a-t-il averti.

Pour les candidats concernés, ces dysfonctionnements pourraient avoir des conséquences directes sur leurs résultats si des mesures correctives ne sont pas prises avant la finalisation de la correction.

Un appel au ministre François Bourouno et au président Mamadi Doumbouya

Face à ces préoccupations, l'enseignant appelle les autorités compétentes à examiner les anomalies signalées et à prendre les dispositions nécessaires pour garantir l'équité entre les candidats.

Il interpelle particulièrement le ministre de la Fonction publique, François Bourouno, afin que les difficultés rencontrées lors des épreuves soient examinées avant la publication définitive des résultats.

Il sollicite également l'intervention du président de la République, Mamadi Doumbouya, pour que cette situation soit traitée avec diligence et que les candidats concernés ne soient pas pénalisés par des erreurs indépendantes de leur volonté.

Il insiste notamment sur la nécessité de tenir compte des questionnaires qui n'auraient pas été remis à certains candidats et de veiller à ce que les modalités de correction garantissent un traitement équitable dans toutes les régions du pays.

Les candidats réclament une correction juste et transparente

Pour ces anciens enseignants contractuels communautaires non retenus, l'enjeu est important. Après avoir participé aux différentes étapes du processus de recrutement, ils craignent que des erreurs administratives ou techniques ne compromettent leurs chances d'intégrer la fonction publique.

Ils demandent ainsi aux autorités compétentes de vérifier les irrégularités dénoncées et de prendre toutes les mesures appropriées pour assurer une correction juste et transparente des épreuves.

À noter que les anciens enseignants contractuels communautaires concernés, originaires notamment de Kankan et de Siguiri, ont composé au centre d'examen Mbemba Touré, à Kankan.

Pour l'heure, ces accusations restent celles des candidats concernés. Une réaction des autorités chargées de l'organisation du concours permettrait d'apporter des éclaircissements sur les faits dénoncés et sur les éventuelles mesures envisagées.