Dans le village de Koundjan, où la terre nourrit encore les foyers, Nouman Sacko perpétue l’héritage de ses ancêtres. Mais sans matériel moderne ni accès aux intrants agricoles, le cultivateur guinéen voit ses efforts freinés.
Dans son champ bordé de maïs, de riz, d’arachides et de courges, Nouman Sacko ne chôme pas. Ce paysan guinéen, enraciné dans son terroir depuis l’âge de ses pères, cultive la terre avec une foi constante. « Depuis le temps de nos pères, on cultive ici. J’ai juste continué leur travail », confie-t-il avec une fierté teintée de fatigue.
Comme beaucoup dans sa région, il se concentre sur le riz et le maïs, des cultures essentielles pour la consommation locale. Mais ces dernières années, les rendements stagnent. En cause : un cruel manque de matériel agricole. « On n’a pas d’outils modernes. Avant, on travaillait avec nos mains, aujourd’hui l’agriculture se fait avec des machines et des engrais. Ceux qui n’en ont pas, comme nous, n’avancent pas », explique-t-il en montrant son champ traité à l’herbicide à la main.
L’accès aux engrais reste un luxe pour les petits producteurs : « Un sac peut coûter jusqu’à 500 000 GNF. Comment voulez-vous que je fasse si je n’ai pas ces moyens ? » Résultat, même les produits récoltés n’ont pas de prix stable : « Certains jours le maïs vaut 300 000, d’autres fois 250 000. Pareil pour le riz. On ne sait jamais à quoi s’attendre. »
Pourtant, Nouman Sacko ne baisse pas les bras. Il tente des associations de cultures, cherche à rentabiliser chaque mètre carré de terre. Mais il le répète avec insistance : « Si j’avais des matériels, mon champ ne serait pas comme ça. »
Il appelle les autorités à soutenir les agriculteurs de son genre : « Qu’on nous aide avec du matériel, avec des engrais. C’est tout ce qu’on demande pour bien travailler. »
Un message simple, lancé depuis un champ à Koundjan, mais qui touche au cœur des débats sur la souveraineté alimentaire et l’égalité d’accès aux ressources. Dans ce combat silencieux, Nouman Sacko représente des milliers de cultivateurs guinéens qui, malgré tout, continuent à faire vivre la terre.
Reportage réalisé à Koundjan par Soulandy Sacko















