Khartoum expulse deux figures de l’aide alimentaire de l’ONU, sans justification publique, dans un climat d’instabilité et de tensions croissantes.
Les autorités soudanaises ont brusquement ordonné l’expulsion de deux figures centrales du Programme alimentaire mondial (PAM), donnant à Laurent Bukera, directeur pays, et à Samantha Chattaraj, cheffe des opérations, 72 heures pour quitter le territoire. Aucune explication n’a été fournie, mais ce geste diplomatique soulève des inquiétudes au moment où des millions de Soudanais dépendent d’une aide vitale.
Le ministère des Affaires étrangères, qui a convoqué les intéressés pour leur notifier la décision, a insisté sur le respect de la souveraineté nationale, tout en assurant que la coopération avec les agences humanitaires continuerait « selon les lois et règles internationales ».
Sur le terrain pourtant, les humanitaires alertent sur une situation critique. Dans la ville de El Fasher, dans l’Ouest dévasté du Darfour, les affrontements entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) ont fait de nombreuses victimes civiles. L’accès humanitaire y est de plus en plus limité, alors que les besoins ne cessent de croître.
La guerre entre les deux camps, qui entre dans sa troisième année, a déjà tué des dizaines de milliers de personnes et provoqué le déplacement de millions d’autres, poussant le pays au bord de la famine. Les agences d’aide peinent à suivre, notamment face aux obstacles logistiques, aux pénuries de financements et désormais à l’instabilité politique grandissante.
Alors que les appels au dialogue se multiplient, la décision d’expulser deux figures du PAM résonne comme un nouveau coup porté aux efforts humanitaires. Loin des tractations diplomatiques, ce sont des familles entières, piégées entre les lignes de front et l’incertitude, qui risquent d’en payer le prix.
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