À Morignoumala, ce lundi 22 décembre 2025, un discours du Mouvement Guinée Kanountéya a cristallisé une mobilisation culturelle et citoyenne autour des langues nationales, de la mémoire collective et d’un soutien politique clairement assumé.


Le district de Morignoumala, dans la sous-préfecture de Baro, a connu une mobilisation populaire remarquable à l’initiative du Mouvement Guinée Kanountéya. Dans une atmosphère portée par le doundounba, la présence des chasseurs traditionnels, des notables et des populations venues de Conakry, Kankan et des localités voisines, la culture s’est imposée comme langage commun.
La rencontre a débuté par une minute de silence en mémoire des deux noms de Fanta, décédées le 11 mai 2025 après une activité du mouvement à Kouroussa. « Elles ne sont plus parmi nous, mais elles sont en nous », a déclaré le vice-président du mouvement, Mamadi Djöndjön Keita, devant une assistance recueillie.

Dans son intervention, il a affirmé sans détour la position du mouvement : « Guinée Kanountéya soutient clairement le président Mamadi Doumbouya, par conviction et par reconnaissance ». Un choix expliqué par l’officialisation des langues nationales dans la Constitution, qualifiée de « révolution culturelle » et de « libération identitaire ».
Le grand imam et défenseur des langues nationales, Karanfa Israël Nanfo Diaby, a renforcé ce message. « Une langue qu’on abandonne, c’est une âme qu’on affaiblit », a-t-il lancé, appelant les populations à conserver leurs cartes d’électeur et à s’engager pleinement dans le processus électoral.


La mobilisation a également enregistré la présence d’une délégation de la famille présidentielle, venue de Kankan, envoyée par Icha Doumbouya. Conduite par le chef de mission Mohamed Napo KABA, la délégation a salué l’organisation et l’ampleur du rassemblement. « Nous ne pensions pas trouver une telle mobilisation. Ce que nous avons vu ici mérite d’être accompagné », a confié le chef de mission, annonçant un retour prochain. En signe d’encouragement, 400 t-shirts et casquettes ont été remis aux organisateurs.
Les organisateurs ont tenu à souligner le caractère autonome de la mobilisation, menée sans financement extérieur. Pour eux, Morignoumala a envoyé un message clair : la culture et les langues nationales occupent désormais une place centrale dans le débat citoyen.
Par Lonkassia Camara et Sitan Kaba, pour silabosoona.com
















