Survenue le dimanche 18 janvier à Sokouraba, dans la préfecture de Mandiana, la disparition d’Alpha Barry rappelle avec brutalité les risques quotidiens auxquels sont exposées les populations rurales. Un drame humain aux répercussions profondes sur toute une communauté.
Le village de Sokouraba, dans la préfecture de Mandiana, s’est réveillé lundi dans une atmosphère lourde. La veille, un jeune apprenti du nom d’Alpha Barry avait perdu la vie par noyade, dans un point d’eau devenu en quelques instants le théâtre d’un drame irréversible.
Selon les témoignages recueillis sur place, le jeune homme revenait de Mandiana en compagnie de son ami Madou Doumbouya. Épuisé par la chaleur, Alpha Barry aurait proposé de s’arrêter pour se laver. Une décision banale en apparence, mais lourde de conséquences.
« Il m’a dit qu’on allait se laver. Je lui ai répondu que je ne savais pas nager et que c’était risqué », raconte Madou, encore sous le choc. Malgré cette mise en garde, le jeune apprenti se serait jeté à l’eau. Quelques instants plus tard, il disparaît sous la surface, sans que son compagnon ne puisse intervenir.
Alertés, les habitants du village se mobilisent rapidement. Les recherches s’organisent, mêlant proches, volontaires et riverains. Mais ce n’est que le lendemain que le corps sans vie d’Alpha Barry est retrouvé, mettant fin à l’espoir et plongeant Sokouraba dans un deuil collectif.
Au-delà de la douleur des proches, ce drame pose une nouvelle fois la question de la sécurité des points d’eau en zone rurale. Utilisés quotidiennement pour se laver, s’approvisionner ou se rafraîchir, ces lieux restent souvent dépourvus de toute protection : pas de balisage, pas de surveillance, ni de sensibilisation suffisante aux risques.
À Sokouraba, beaucoup reconnaissent aujourd’hui que cette perte aurait peut-être pu être évitée. « C’est un endroit que tout le monde utilise, mais on oublie le danger », confie un habitant, la voix basse.
Alpha Barry laisse derrière lui une famille endeuillée et des amis marqués à jamais. Son décès, au-delà du fait divers, agit comme un signal d’alarme pour des localités confrontées aux mêmes réalités. À Mandiana comme ailleurs, l’espoir est que cette tragédie serve de leçon collective, afin que la vie ne soit plus fauchée par un geste quotidien devenu fatal.
Kansan DOUMBOUYA















