L’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, a été extrait le 10 février de la Maison centrale de Conakry à l’issue d’une opération sécuritaire marquée par des tirs et des blessés, selon plusieurs sources concordantes. Il a été transféré vers la prison civile de Coyah, où il serait actuellement détenu.
Condamné à dix ans de réclusion dans le procès du massacre du 28 septembre 2009, Toumba purgeait sa peine dans le principal pénitencier de la capitale. Les autorités judiciaires évoquent une intervention consécutive à une résistance du détenu lors d’une fouille inopinée.
Le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, a indiqué que l’opération s’inscrivait dans le cadre du maintien de l’ordre au sein de l’établissement pénitentiaire.
Selon des témoignages recueillis auprès de sources sécuritaires, une première tentative d’extraction aurait eu lieu deux jours auparavant, sans succès. L’intervention décisive serait intervenue le 10 février, mobilisant un important dispositif des Forces spéciales.
Des heurts auraient éclaté à l’intérieur de la prison. Des tirs ont été signalés. Un détenu aurait perdu la vie et plusieurs autres auraient été blessés, certains grièvement, selon des informations non officiellement détaillées à ce stade.
À la Maison centrale, Toumba bénéficiait d’une influence notable auprès de certains codétenus, notamment issus des rangs militaires. Son profil singulier, son passé au cœur du pouvoir entre 2008 et 2009 et son rôle dans les événements du 28 septembre lui conféraient une aura particulière.
Son transfert vers Coyah marque un tournant. Dans ce nouvel environnement carcéral, ses conditions de détention devraient être strictement encadrées. Son avocat, Me Lanciné Sylla, a confirmé son incarcération à Coyah, évoquant des « conditions acceptables ».
Cette extraction intervient dans un contexte marqué par plusieurs opérations sécuritaires impliquant d’anciens militaires détenus. Des interrogations persistent sur les méthodes employées et la communication officielle entourant ces transferts.
L’affaire Toumba rappelle, une fois encore, que les cicatrices du 28 septembre 2009 continuent de peser lourdement sur la vie politique et sécuritaire guinéenne.
















