La disparition d’Alpha Oumar Barry, connu sous le sobriquet d’AOB, enseignant à la retraite de l’Université Julius Nyerere de Kankan (UJNK), des suites d’une courte maladie, continue de susciter débats et indignation au sein de l’opinion publique.
Celui qui a servi pendant près de 40 ans l’administration guinéenne, notamment l’UJNK, a été inhumé dans son village natal de Fougoumba, dans la préfecture de Dalaba. Mais les conditions ayant entouré l’organisation de ses funérailles font aujourd’hui l’objet d’une vive controverse entre l’administration universitaire et la famille du défunt.
Face à la polémique, un responsable de l’administration universitaire, bien qu’il ne se dise pas officiellement mandaté pour communiquer au nom de l’institution, affirme que l’université a pleinement joué son rôle.
« L’université de Kankan a toujours assisté les familles de nos illustres disparus. Nous avons toujours organisé des symposiums en leur mémoire. Le cas d’Alpha Oumar Barry n’a pas fait défaut. »
Selon lui, l’établissement a remis une somme de 15 millions de francs guinéens à la famille pour contribuer aux frais funéraires.
« Les 15 millions ont été remis à la famille. Nous avons assisté à la levée du corps. Nous étions auprès de la famille. »
Il soutient que l’université s’est limitée à apporter son appui financier et à accompagner le processus funéraire, dans le respect de la volonté familiale.
L’un des points centraux de la discorde concerne le véhicule ayant servi au transport du corps vers Fougoumba.
Le responsable affirme que ce choix aurait été fait par la famille elle-même.
« Le véhicule qui a été utilisé, c’est la famille qui est venue rencontrer l’université. Ce sont eux-mêmes qui ont dit que c’est ce véhicule qui peut être adapté à la route de Fougoumba. »
Il ajoute avoir été surpris par le choix :
« On m’a parlé d’un véhicule “Verso”. Je me suis demandé pourquoi Verso. On m’a expliqué que c’est ce véhicule qui est adapté à la route. Moi, je ne connais pas le village. Si les parents disent que c’est ce véhicule-là qui est adapté à leur terrain, nous n’avons pas discuté le moyen de déplacement ni imposé quoi que ce soit. »
Toujours selon cette source, six personnes issues de l’université auraient accompagné le corps :
Deux représentants mandatés par le syndicat ;
Un représentant du département du défunt ;
Des collègues et amis, dont Elhadj Fall, ancien chef du département de géographie aujourd’hui à la retraite ;
Le professeur Mamoudou Djoubaté, sociologue à la retraite ;
Le docteur Lonceny Chérif, acteur de la société civile et chargé de cours vacataire.
« Au-delà de la mobilisation financière, six personnes ont accompagné le corps », insiste-t-il.
Contactée par téléphone, Djenab Barry, fille aînée du défunt, conteste fermement cette version, notamment sur la question du véhicule.
« C’est faux, ils mentent. Lorsque mon père est décédé, on a seulement dit que nous souhaitions qu’il soit enterré à Dalaba. C’est tout ce qu’on a dit. »
Elle estime que l’université aurait dû assumer pleinement la responsabilité logistique, compte tenu des longues années de service de son père.
« Même si la famille avait souhaité cela, il a servi combien d’années à l’université ? Ils devraient dire non, pour que le corps soit transporté comme il faut. »
Alors que l’administration affirme avoir agi dans le respect de la volonté familiale et apporté un soutien financier conséquent, la famille remet en cause la version officielle concernant l’organisation logistique des obsèques.
Cette divergence alimente désormais le débat au sein de l’opinion publique et pose la question de la communication institutionnelle ainsi que du respect dû aux enseignants ayant servi de longues années.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle signée par l’autorité universitaire n’a été rendue publique afin de clarifier définitivement cette affaire.
Lonkassia CAMARA, pour silabosoona.com
















