Après plusieurs jours de vives réactions et d’indignation, les autorités judiciaires ont annoncé l’ouverture d’une enquête concernant l’enlèvement de proches de l’ancien ministre Tibou Kamara, survenu à Dinguiraye, une localité située à près de 380 kilomètres de Conakry.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi et lu devant la presse locale, le parquet général près la Cour d’appel de Kankan indique avoir été informé « de faits d’une particulière gravité » relatifs à l’enlèvement de trois personnes résidant dans la commune urbaine de Dinguiraye, présentées comme des membres de la famille d’un ancien ministre de la République.
La déclaration, signée par le procureur général Marwane Baldé, confirme ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire à la suite de cet acte qui a profondément choqué l’opinion publique.
Selon les premières informations communiquées par le parquet, les victimes auraient été enlevées à leur domicile par un groupe d’hommes armés.
« Selon les informations préliminaires portées à la connaissance du ministère public, les trois victimes auraient été enlevées à leur domicile à Dinguiraye par des individus encagoulés et armés, circulant à bord de trois véhicules de couleur noire », précise le communiqué.
À ce stade, les auteurs de cet enlèvement ne sont pas encore identifiés. Le parquet souligne toutefois que les faits pourraient relever de plusieurs infractions pénales.
« Les auteurs de ces faits demeurent, à ce stade, non identifiés. Ces faits sont susceptibles de recevoir les qualifications pénales suivantes, sous réserve des résultats des investigations : enlèvement et séquestration de personnes, association de malfaiteurs et détention illégale d’armes », indique le procureur général.
Ces infractions sont prévues et sanctionnées par les articles 303, 784, 848 et suivants du Code pénal guinéen.
Face à la gravité de l’affaire, le parquet général affirme avoir donné des instructions aux autorités judiciaires compétentes pour l’ouverture d’investigations.
« Le procureur général instruit le procureur de la République près le tribunal de première instance de Faranah, ainsi que les juges de paix de Dinguiraye et de Dabola, de procéder immédiatement à l’ouverture d’une enquête judiciaire approfondie contre X », précise le communiqué.
Les services de police judiciaire sont également appelés à mener toutes les investigations nécessaires afin d’identifier, interpeller et traduire devant les juridictions compétentes toute personne impliquée dans cette affaire.
Dans sa déclaration, le parquet général condamne « avec la plus grande fermeté » ces actes qu’il estime de nature à troubler gravement l’ordre public et à porter atteinte à l’autorité de l’État.
« Le parquet général condamne avec la plus grande fermeté ces actes criminels qui troublent gravement l’ordre public et portent atteinte à l’autorité de l’État. Il rappelle que nul n’est au-dessus de la loi », insiste le procureur général.
Le ministère public appelle également les habitants de Dinguiraye au calme et à collaborer avec les enquêteurs afin de permettre la manifestation de la vérité.
Toutefois, malgré l’annonce de l’ouverture de cette enquête, de nombreuses interrogations demeurent. L’enlèvement de femmes âgées au domicile d’un ancien responsable politique, par des hommes armés et encagoulés, a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique et suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Pour de nombreux observateurs, l’ouverture d’une enquête constitue une étape importante, mais l’opinion publique attend désormais des résultats concrets, notamment l’identification des auteurs et la libération rapide des personnes enlevées.
Lonkassia CAMARA, pour silabosoona.com
















