L’article de RFI sur les attaques du 1er juillet 2025 au Mali accorde une grande visibilité aux revendications jihadistes, en minimisant la riposte des forces maliennes. Cette tribune propose une lecture critique et citoyenne de ce déséquilibre.
Cette tribune est proposée par la rédaction de silabosoona.com, dans un souci d’analyse médiatique et de responsabilité éditoriale.
Le 1er juillet 2025, Radio France Internationale (RFI) a publié un article intitulé « Mali : les jihadistes du Jnim mènent sept attaques simultanées, à Kayes, Nioro et Niono, notamment ». Ce texte, présenté comme un compte-rendu des événements, soulève pourtant de sérieuses interrogations sur son équilibre et son angle de traitement.
Dès le titre, le choix des mots attire l’attention : les jihadistes sont placés au centre de l’action, présentés comme organisés, capables, et puissants. La riposte de l’armée malienne n’est même pas évoquée, ce qui fausse immédiatement la perception de la réalité.
Un titre plus équilibré aurait pu rappeler la résistance de l’État, le bilan humain des assaillants, ou encore les efforts de sécurisation en cours.
L’article accorde un espace important aux revendications du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda. Ces déclarations sont rapportées sans recul critique, sans mise en garde, ni remise en contexte. Cela revient à offrir une tribune à la propagande jihadiste sur une plateforme internationale.
Aucun média responsable ne devrait diffuser ces messages sans préciser qu’ils n’ont pas été vérifiés, ni en indiquer les intentions manipulatrices.
Le communiqué officiel de l’armée malienne, qui fait pourtant état de plus de 80 terroristes neutralisés, de véhicules saisis et d’une reprise du contrôle dans plusieurs villes, est mentionné en fin d’article, brièvement et sans mise en valeur.
Aucune précision sur les zones sécurisées, aucune mise en lumière du courage des soldats ni des victimes civiles. Ce déséquilibre éditorial dénature l’ensemble du récit.
Dans un contexte aussi grave, il est regrettable de ne pas entendre la voix des populations touchées. Aucun témoignage, aucune émotion, aucun récit de peur ou de solidarité ne vient compléter le tableau. Or, ce sont ces voix qui donnent à l’information sa profondeur, sa vérité et sa force morale.
RFI, média reconnu pour son sérieux, a dans ce cas publié un article qui, involontairement ou non, renforce le discours des terroristes et minimise la riposte étatique.
Il ne s’agit pas de dissimuler les attaques, mais de refuser d’être le relais inconscient de ceux qui veulent semer la terreur.













