À une trentaine de kilomètres de la commune urbaine de Kankan, dans la sous-préfecture de Gbérédou Baranama, le poste de santé peine à répondre aux besoins de la population. Ici, les habitants continuent de faire face à des difficultés majeures pour accéder à des soins de qualité.
À l’intérieur du centre, Mamadi 1 Camara, chef adjoint du poste de santé, observe les patients venus chercher de l’aide. Spécialisé dans la prise en charge des enfants, il décrit avec amertume la réalité quotidienne.
« Beaucoup de malades viennent chez nous quand il est déjà trop tard. Avant de venir, ils essaient de se soigner seuls avec des médicaments achetés au marché. Quand ils arrivent ici, la maladie est déjà avancée, et cela complique énormément notre travail », explique-t-il, la voix lasse.
Les maladies sont nombreuses dans la localité : la tuberculose qui touche les enfants, l’hypertension chez les personnes âgées, le paludisme omniprésent et les infections qui frappent les femmes. Autant de fléaux que le centre doit gérer avec très peu de moyens.
Le médecin Muhammad 1 Kapara insiste, lui, sur les difficultés liées aux parturientes.
« Beaucoup de femmes enceintes viennent à l’hôpital seulement à neuf mois de grossesse, parfois dans un état critique. Faute de nourriture, d’hygiène et surtout de suivi prénatal, leur vie et celle de leurs bébés sont en danger. Certaines arrivent même seules, sans personne pour les accompagner », déplore-t-il.
Pour lui, l’absence de carnet de suivi de grossesse reste l’un des plus grands handicaps. « Le carnet permet de contrôler l’évolution de la grossesse et d’anticiper les complications. Mais beaucoup de femmes ignorent son importance », regrette-t-il.
À Gbérédou Baranama, le poste de santé fonctionne dans des conditions indignes. Pas de lits suffisants pour les patients, pas d’espace pour stocker le matériel, pas d’électricité régulière ni d’eau courante. « Notre centre a été construit il y a longtemps et n’a jamais été modernisé. Nous manquons d’équipements, et même lorsque nous en recevons, nous n’avons pas de local pour les conserver », confie un responsable médical.
Mandian Magassouba, président du Comité de Santé (COSA), fait le lien entre les habitants et les soignants. Il se souvient de l’époque où la population dépendait presque exclusivement de la médecine traditionnelle. « Aujourd’hui, tout le monde vient ici. Mais lorsque les médecins prescrivent des médicaments, ils ne sont pas disponibles sur place. C’est le plus grand problème », dit-il.
Lui aussi appelle au secours : « Nous demandons aux autorités de nous aider par tous les moyens. Ici, nous n’avons même pas d’engins roulants pour les urgences, ni de bâtiments adaptés. Les habitants souffrent beaucoup. »
Mandian Magassouba, souligne une autre difficulté majeure : le manque de personnel qualifié.
« Les agents de l’État ici sont très peu nombreux. La plupart de ceux qui travaillent au poste de santé sont des stagiaires, ou des volontaires. Ils ne sont pas rémunérés par l’État, ni soutenus par des ONG ou d’autres structures. Pourtant, ils se battent chaque jour pour assurer les soins à la population », explique-t-il.
Il appelle à un soutien urgent des autorités pour renforcer les effectifs et améliorer les conditions de travail : « Si l’État ne nous aide pas, ce sera difficile de continuer ainsi. »
À Gbérédou Baranama, la santé des populations est menacée par le manque criant de moyens et d’infrastructures. Un appel pressant est lancé au gouvernement pour que les villages ne soient pas oubliés dans les politiques publiques de santé.
Namandjan Molandy Magassouba, pour silabosoona.com
















