Une étude archéologique menée près du lac Turkana révèle une continuité d’utilisation d’outils en pierre sur plus de 300 000 ans, bouleversant les hypothèses sur les débuts du comportement humain.
Sur les rives du lac Turkana, dans le nord-ouest du Kenya, des découvertes archéologiques viennent rebattre les cartes de l’évolution humaine. Sur le site de Namorotukunan, des chercheurs ont mis au jour près de 1 300 outils en pierre — éclats tranchants, percuteurs et nucléus — datant de 2,75 millions d’années, et fabriqués selon une technique très ancienne appelée oldowayenne.
La particularité de cette trouvaille ? Ces objets témoignent d’un usage continu de ces outils pendant environ 300 000 ans, ce qui va à l’encontre de nombreuses théories jusque-là admises.
Pour le professeur David Braun, directeur de l’étude publiée dans Nature Communications, cette persistance sur plusieurs centaines de millénaires change la donne.
« Nous pensions que l’utilisation d’outils avait pu être un phénomène passager. Or, quand on constate 300 000 ans de persistance de cette pratique, c’est tout simplement impossible. Il s’agit d’une longue continuité comportementale », affirme-t-il.
Cette observation pousse les chercheurs à envisager que l’usage des outils par les premiers humains et leurs ancêtres est bien plus ancien et plus constant qu’on ne le pensait. La méthode oldowayenne, largement répandue à travers l’Afrique, est désormais associée à une pratique durable, profondément ancrée dans le mode de vie des hominines.
Les outils retrouvés à Namorotukunan ont été taillés à partir de roches prélevées dans des lits de rivières, avec une maîtrise technique qui suggère un savoir-faire transmis et perfectionné sur des générations.
Au-delà de leur intérêt scientifique, ces découvertes invitent à reconsidérer les racines du comportement humain, bien avant l’émergence des premières civilisations.
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